Voyage en vélo en Amérique du Sud
Santa Cruz, mode d'emploi:
J-1: des mouches "sangsues", une marche de Cashapampa jusqu'à Llamacoral, 9,2km en 2h50, dénivelé de + 787 mètres et comme je n'ai ni carte ni plan, je ne sais pas où se trouve le camp suivant, je plante la tente à 3760 mètres d'altitude.
J-2: du chemin classique, la plaine de la mort, l'ascension vertigineuse, la rage des grands jours, ce sont les 4 étapes de mon deuxième jour de trek.
- Le chemin classique: depuis Llamacoral, et durant environ 1h30, la marche se fait sans trop d'embûches.
- La plaine de la mort: arrive une grande plaine, en apparence abordable, mais les apparences sont parfois trompeuses. Première difficulté de cette "plaine de la mort", traverser une rivière boueuse. Difficulté suivante, se "réorganiser", ou tout du moins sauver ce qui peut l'être (il faut préserver les affaires au sec et et éviter de trop les salir). Troisième difficulté, et non des moindres, traverser cette plaine, qui s'avère être un gigantesque marécage, avec en "guests stars" les bouses et urines de vaches, mules, chevaux, et Dieu sait quoi d'autre encore, la traversée de cette plaine s' achevant donc, en tongues...
- L'ascension vertigineuse: après la pause déjeuner et surtout nettoyage, il faut repartir, pour "la difficulté" du trek. Il faut noter qu'en Amérique du Sud, tout est démesuré en comparaison avec l'Europe, et donc, quoi de plus normal que de s'approcher des glaciers pour atteindre le Punta Union, à une modeste altitude de 4750 mètres...
- La rage des grands jours: Si l'ascension aura été galère, elle a au moins eu le mérite de décupler ma motivation, et mise à part la nuit, il n'y a pas grand chose qui aurait pu m'arrêter.
J'entame donc la descente, et quand j'arrive sur un camp, ou quelque chose qui y ressemble, je décide de m'installer, à côté de la seule autre tente sur les lieux.
Et ironie du sort, il se trouve que les 2 occupants de cette tente sont des compatriotes, qui bouclent également leur trek, en duo (les premiers -et derniers- que j'ai rencontrés à faire l'itinéraire dans le même sens que moi,Llamacoral vers Vaqueria). La nuit tombant, ils me donnent un coup de main pour monter la tente, et avec la température et le vent, l'aide proposée n'est pas de trop.
Résultat de la journée, 6h30 de marche, 950 mètres de dénivelé positif (jusqu'à Punta Union) puis environ 500 mètres de dénivelé négatif.
J-3: Réveil à 6h, et malgré le vent qui a soufflé toute la nuit, et le froid (une nuit à environ 4200 mètres, avec ce matin les tentes givrés), il faut reprendre la route, et la "rage" de la veille est toujours présente. Départ à 7h30, le temps de lever le camp, puis petit déjeuner. La descente continue, mais plus en solo, puisque je continue ma route avec les deux français, Jeff et Marion, (deux autres tour-du-mondistes).
La descente se fait sur un assez bon rythme, même si le tracé n'est pas facilement praticable de partout, avec le labourage incessant des mules qui y passent, ainsi que les petits cours d'eau qui ne font qu'un avec le chemin, créant par endroits des amas de boue. Mais comme cela semble trop facile de finir par une descente, il nous faut affronter la dernière difficulté du trek, à savoir une bonne montée d'une heure. Et comme la gnac de la veille ne s'est pas altérée, c'est juste avant midi que l'on rejoint Vaqueria, point final de ce trek.
Conclusion: Le sentiment d'accomplissement est bien présent, et non seulement le trek à été bouclé en moins de 14 heures de marche, c'est aussi chargé comme une mule que je l'ai fait puisque bardé d'une tente, un duvet, un filtre à eau, l'appareil photo... sans oublier des réserves d'eau quasi toujours pleines (environ 2 litres) et à manger pour 3 jours, soit plus d'une dizaine de kilos à porter, idem pour Jeff et Marion. Une chose est sûre, si c'était à refaire, pour rien au monde j' irai en groupe organisé avec mules et guides! L'idée de le faire en solo, puis sur la fin avec Jeff et Marion aura été autrement plus "gratifiante". En attendant encore mieux?