Voyage en vélo en Amérique du Sud
L' Universidad Cesar Vallejo reçoit "la U", grande équipe de Lima, titrée à de nombreuses reprises, et véritable institution.

À l'inverse du match précédent disputé dans un stade pour ainsi dire vide, l'enceinte est cette fois-ci pleine à craquer, avec presque plus de supporters de la U que de l'UCV. La queue pour acheter des billets, le matin du match, et la vente au marché noir aux abords du stade durant toute la journée démontre bien l'importance de la rencontre.

Pour ma part, j'ai opté pour une place au virage nord, achetée au marché noir (pour 0,50€ de plus, je me suis épargné la longue file d'attente pour obtenir le fameux sésame). J'arrive á l' Estadio Mansiche moins d'une heure avant le coup d'envoi, et dans les environs, les rouges et blancs de la U mettent l'ambiance. Le match promet d'être spectaculaire, face à une équipe "jamais facile à jouer chez elle" (l'UCV), dixit un quotidien sportif national.
J'entre dans le stade, et surprise, le virage nord est réservé aux visiteurs.
J'aurais dû le savoir, les supporters de la U sont aussi des inconditionnels du Virage Nord, pour preuve le chant "Soy de Norte, si Senor" (Ole, ole, ole, ole, ola, vamos garra Crema, que tenemos que ganar, yo, soy de Norte (Si senor), soy de Norte (Si senor) de corazon).
Peu importe, c'est l'occasion de découvrir d'autres groupes de supporters, même si l'ambiance promet d'être chaude, avec les renforts de la sécurité qui entourent le virage nord.
Concentrés beaucoup...
À la folie...
Plus du tout...
Le match commence, et dans l'enceinte résonnent les chants de la U.
Malgré les encouragements des supporters, le niveau de jeu n'est tout de même pas fantastique, avec de trop nombreuses approximations tactiques et techniques (à mon goût...). Disons que l'essentiel du jeu consiste à "balancer" de longs ballons devant, sans réelle construction, l'organisation tactique n'étant décidément pas le fort du football péruvien.
Les défenseurs s'embarrassent rarement dans les relances, et la cohésion entre milieux et attaquants de chaque équipe ne "casse pas trois pattes à un canard".
Jusqu'à la 30ème minute, et le premier coup de théâtre avec la sortie du gardien de la U, sur blessure. La prière d'avant match n'aura visiblement pas été suffisante...
Le jeu ne s'améliore toujours pas au fil des minutes, et les tactiques n'y feront pas grand chose (on retrouve parfois 15 à 16 joueurs dans une même aire de jeu...).
La mi-temps est la bienvenue, et les vendeurs ambulants repartent de plus belle.
Début de la deuxième mi-temps, et quelques minutes plus tard, c'est la douche froide pour les locaux. Sous les ovations du virage nord, la U ouvre le score (0-1). Les chants de la U retentissent dans le stade!
("Vamos Merengues, este ano saldremos campeones, somos la hincha mas grande, con mas ilusiones, todos queremos la copa, por que te queremos, a donde vayas, te seguiremos")
Mais c'est sans compter sur la capacité de réaction de l'UCV, qui revient au score quelques minutes plus tard (1-1). Ce match peut-il nous réserver le même scénario que le précédent (menée 0-1, l'UCV l'avait emporté largement par la suite)?
Et tandis que le jeu se durcit au fil des minutes, l'espoir semble changer de camp, et les supporters trujillanos se mettent à y croire. Et à raison, puisqu'à 75ème minute, l'UCV prend l'avantage (2-1). Le niveau de jeu s'est considérablement amélioré, et le latéral gauche trujillano inquiète à plusieurs reprises le gardien de la U, sur coups francs. L'orchestre des supporters de l'UCV commence à prendre le pas sur les chants des supporters de la U, l'envie à changé de camp, alors que les spectateurs sont de plus en plus concentrés sur la partie.
La fin de match est houleuse, alors que la formation de Lima va finir à 10, après un carton rouge direct distribué par l'arbitre.
le théâtre aussi est un sport...
Certains supporters quittent déjà le stade, alors que dans l'euphorie, l'UCV enfonce le clou en inscrivant un troisième but (3-1).
Le scénario du match précédent s'est répété, et bien que menés au score, les locaux ont su inverser la tendance pour finalement s'imposer par trois buts à un.
Les aficionados de la U repartent bredouilles, ils n'ont plus qu'à chanter "La camiseta Crema, se tiene que sudar, sino parecemos cagones, o los pavos del Cristal".
J'en profite pour faire encore quelques photos à la sortie du stade, entouré par des policiers, persuadés que je suis reporter, pour éviter toute tentative de vol.
Je finis tranquillement ma soirée dans un boui-boui, à manger des papas rellenas et des buñuelos.