Voyage en vélo en Amérique du Sud
il était une fois, il y a fort longtemps, un bidon qui rêvait de changer de vie.
C'était une époque prospère, où l'essence coulait à flots.
Les temps étaient durs pour les bidons, pas touchés d'un iota par le chômage, à tel point qu'ils étaient privés des 35 heures, des RTT, et même des congés payés, c'est vous dire s'ils étaient sollicités...
Un beau jour, notre bidon décida d'échapper à son sort de bidon, promis à un dur labeur toute sa vie durant.
Seulement voilà, les lobbying pétroliers veillaient au grain... et aux bidons.
Si bien qu'il fut décrété que le bidon frondeur serait exécuté en place publique.
Le pauvre bidon, qui n'avait pourtant certainement pas mérité tel sort, fut donc décapité, sous les "Hourra" de la foule en liesse, venue en nombre à cette occasion, pour se divertir, les télé-novelas brésiliennes n'étant plus ce que c'était côté divertissement.
Laurent, bourreau du bidon
Le spectacle terminé, la foule, frustrée par cette scène violente, certes, mais trop rapide à son goût, réclama une autre sanction pour le bidon condamné et déjà exécuté.
Il fut décidé que le bidon serait recousu et recondamné, mais à subir un autre châtiment cette fois-ci -ainsi que son frère, qui d'après l'entourage présent n'avait pas crié "Hourra" suffisamment fort lors de la mise à mort-.

Après une rapide délibération, les juges annoncèrent qu'il fallait la peine maximale. La perpétuité!
Mais la perpétuité à quoi?
Le porte-parole des juges se leva, et d'un air grave, prononça la sanction en ces mots:
"Bidon, tu refuses d'avoir plus longtemps à faire avec l'essence, soit!
Alors, tu iras en vélo désormais!"
Sitôt dit, sitôt fait, le bidon (et son frère) furent solidement arrimés à un vélo.
Et de bidons, ils devinrent sacoches...