Et au final, quoi de neuf au Brésil?
Au hasard, la culture "hamac" est bien omniprésente au Brésil.
Dans les villes, les villages, partout, on trouve des hamacs, ce qui m'a d'ailleurs grandement facilté la tâche pour dormir chez les gens.
Entre ces mêmes villes et villages, il y a bien un monde.
À comparer la maison faite en terre cuite et les habitations plus modernes, ou l'accès aux ressources principales que sont l'eau et l'électricité.
Des climats très différents, du nord, chaud et sec, au sud, plus frais et pluvieux.
Etant donné la taille du pays, rien de bien étonnant.
Et pourtant, aux quatre coins du pays, on observe une certaine culture commune.
D'un point de vue culinaire, suite aux nombreuses questions, j'ai eu beau chercher un plat typiquement français, que l'on retrouve autant à Lyon qu'à Lille, à Toulouse qu'à Marseille, impossible d'en définir un qui soit réellement "typique" à l'ensemble du pays.
Au Brésil, où que l'on soit, en plus des spécialités régionales (açai, takaka...), le trio riz-flageolets-farine de tapioca est toujours présent.
Pour rester dans la cuisine, on trouve au Brésil des services bien différents.
- Classique, le menu à la carte, est présent mais coûteux, et loin d'être la solution la plus utilisée.
- Le "prato feito" consiste en une assiette moyenne, préparée, avec peu de choix, coûtant environ 7-8 Reals, soit environ 3 €
- La vente au poids est autrement plus répandue. Soit, un buffet, une assiette, on se sert, on pèse l'assiette, et on paie en fonction du poids (avec un prix indiqué pour 100 grammes oscillant généralement entre 1,5 et 3 Reals, soit 0,6 à 1,2 €)
- Et la solution la plus amusante (et de loin la plus intéressante pour les gros mangeurs), le buffet à volonté.
La formule est simple. Pour un prix fixe d'environ 15 Reals, on dispose d'un buffet avec viandes, légumes, fruits, desserts, riz, pâtes... Et on mange jusqu'à plus faim!
Autre point commun à l'immense majorité des brésiliens, la connaissance de Rio de Janeiro et Sao Paulo.
Mais pour des raisons bien précises:
- les médias parlent toujours de ces deux villes.
- le football brésilien, dont les plus grands clubs sont basés à Rio (Flamengo, Fluminense, Botafogo...) ou Sao Paulo (SPFC, Corinthians...). Et avec une seule ville du Nordeste représentée dans le championnat Brasileiro (Recife), on comprend mieux l'intérêt porté aux clubs paulistes et cariocas.
- Et le troisième point, plus étonnant, les télénovelas.
Pour la majorité des brésiliens, suivre les épisodes des télénovelas, qui se déroulent pour ainsi dire toutes à Sao Paulo ou Rio est plus qu'une simple habitude, c'est culturel.
Que l'on soit dans une grande ville ou dans un village de 10 habitants, s'il y a l'électricité, il y a la télé.
Et qui dit télé dit télénovelas. On ne peut pas y couper...
D'un point de vue économique, le Brésil est un pays cher, à comparer avec ses voisins (en tout cas pour un budget routard), et des tarifs approchant parfois ceux pratiqués en Europe.
En ce qui concerne les déplacements dans le pays, chaque voyage peut durer des heures, sinon des jours quand on prend le bus.
En vélo, ce n'est clairement pas la meilleure destination pour voyager.
Le simple aspect sécuritaire est suffisant pour expliquer la difficulté du voyage en vélo.
Pour faire bref, les camionneurs sont des chauffards.
Les chauffeurs de bus sont des chauffards.
Les automobilistes sont des chauffards.
Les motards sont des chauffards.
Et autant ne pas trop jouer avec le feu. On en sort rarement gagnant en tant que cycliste.
Les messages sur les véhicules, du type: "Dieu nous aime" ou "Dieu est bon" ne poussent en tout cas pas à veiller plus sur son prochain...
Et finalement, la sécurité en général.
Si dans l'ensemble je me suis senti en sécurité en campagne ou dans les villages, il n'en a pas été de même dans les villes.
Pourtant arrivé sans a priori dans le pays, force est de constater que se promener en ville avec des objets de valeur n'est pas franchement recommandé.
C'est la sensation ressentie dans toutes les grandes villes brésiliennes.
Un phénomène non vécu jusqu'à présent que j'ai apparenté à
Dr Jekyll et Mr Hyde.
Si au Brésil les rencontres exceptionnelles sont courantes, car la plupart des gens sont chaleureux, curieux et accueillants, il ne faut pas perdre de vue qu'une quantité non négligeable n'est pas de ce genre.
Et l'on n'est jamais certain de ce que l'on va croiser.
Sans être paranoïaque, les attaques au couteau, voire à l'arme à feu sont relativement courantes. (Chose non vécue en Colombie, même appareil photo en main, dans un pays pourtant "irakisé" par nos chers médias, et dans des villes réputées aussi "dangereuses" que Medellin ou Bogota).
Comme quoi voir de ses propres yeux à parfois du bon, et permet de se forger une opinion pas forcément identique à celle véhiculée à travers la télévision ou les journaux!
Si bien qu'après Sao Luis, j'ai définitivement renoncé à sortir mon appareil photo reflex, me contentant d'un petit compact de faible qualité... Frustrant!