Depuis Salto en direction de Bella Union, non loin de la ruta 3, se trouvent les thermes d'Arapey.
Salto, département réputé pour sa production d'oranges
Après une petite étude des cartes, je me décide à tenter une petite route qui diffère "un peu" du trajet classique.
J'arrive donc à cette fameuse route, et m'engage après quelques hésitations, et malgré le mauvais pressentiment.
Après avoir trouvé le bon embranchement, je pars sur la gauche, comme indiqué sur la carte (car dans la pratique, il n'y a pas le moindre panneau, ni même une information concernant l'accès supposé aux thermes).
Je roule, roule, et roule encore. Sans eau, puisque la route est vide de tout et donc sans possiblité de recharger les réserves.
Sur la fin de la route, j'aperçois les thermes, toutes proches.
Et pourtant si loin à la fois. Je poursuis sur ma lancée, jusqu'à me retrouver sur un parcours qui n'est même plus un chemin, juste composé de rocailles, avec des vaches au milieu qui broutent les quelques touffes d'herbes ici et là...
Et là, c'est le drame.
Non, je ne crève pas. Pas d'accident non plus en percutant une vache.
Pire encore! J'arrive au bout de la "route", puis plus rien! Juste une barrière.
J'ai le temps de maudire Monsieur Firestone et son Atlas de Rutas ainsi que Madame Google Earth et ses vues satellites.
Je rebrousse donc chemin, et la mission première n'est plus tellement de trouver la suite de la route, mais bien de l'eau.
J'entre donc dans une estancia, après avoir effectué environ 5 kilomètres en sens inverse.
Par chance, la propriété n'est pas abandonnée (comme souvent par ici). Le seul habitant m'offre de l'eau, et alors que nous discutons, le ciel se couvre dangereusement, et les grondements s'intensifient.
L'orage n'est pas loin.
L'uruguayen de l'estancia me propose de rester pour la nuit, et j'accepte sans franchement hésiter.
Il en profite pour m'expliquer comment passer de l'autre côté du fleuve Arapey.
Le lendemain, me revoilà sur la "route", et après avoir fait mon Dakar dans toute cette rocaille, je m'engage sur... l'ancienne voie de chemin de fer.
Avant d'arriver au niveau du pont que mon hôte avait présenté comme tout à fait franchissable.
À pied, certes. En poussant un vélo, c'est une autre histoire.
Je m'engage tout de même sur le pont, les thermes étant de l'autre côté.
La manoeuvre ressemble plus à de l'équilibrisme qu'autre chose. Tout en marchant sur les poutres en bois qui maintiennent les rails, je pousse le vélo sur les planches installées sur le côté des rails.
Avec des portions de vide, des planches pas rassurantes par endroits, la traversée prend des allures de parcours du combattant. Et le fleuve environ 20 mètres en dessous...
Finalement, j'arrive aux thermes, pas mécontent de rejoindre la terre ferme sans dégâts.
Le point positif, c'est qu'une route vide, perdue en pleine cambrousse, ça donne aussi quelques arrêts photos...
Un nandu, sorte de petite autruche qui fait des oeufs juste énormes
L'équivalent d'une douzaine d'oeufs de poule avec un oeuf