Voyage en vélo en Amérique du Sud
Lundi 7 septembre, il faut reprendre la route, et je ne sais à quoi m'attendre, tant ma carte routière semble indiquer une zone déserte.
Les montagnes russes s'enchaînent de plus belle, et même si ma capacité à tenir le rythme le matin est toujours aussi peu certaine, je me découvre un second souffle l'après-midi, me permettant d'augmenter significativement la cadence de 14h30 jusqu'à 17 heures. J'ai affiné ma méthode pour trouver un logement durant ces quelques jours de voyages, et si au début, j'ai pu me retrouver presque en rade, sans endroit où dormir à la tombée de la nuit, j'ai maintenant pour habitude de commencer mes recherches à partir de 16h30, augmentant mes chances de trouver.
Après cette longue journée, j'atteins Boavista do Gurupi, ville à la limite entre l'Etat du Para, et celui du Maranhao.
Autant dire que je jubile intérieurement, avec enfin cette sensation d'avancer, et même si je ne fais que passer d'un Etat à un autre, j'ai l'impression de me rapprocher plus rapidement de Sao Luis, maintenant que je suis dans l'Etat de ma ville d'arrivée. Psychologiquement, laisser derrière moi le Para, un Etat équivalent à deux fois la France, en superficie, me fait également du bien.
Je repère un peu avant l'entrée de la ville, le long de la route, une grande maison jaune, et décide d'y tenter ma chance.

Histoire de ne pas mettre les gens mal à l'aise en demandant directement s'il est possible de planter la tente ou installer un hamac, j'ai maintenant pour habitude de demander auparavant de l'eau fraîche avant de m'aventurer à la question fatidique.
J'ai ainsi le temps de juger la personne (et vice versa), et voir si techniquement il est possible d'installer un hamac ou s'il y a un jardin.
J'arrive donc dans cette fameuse maison jaune, et il ne faut que quelques secondes de réflexion à Osvaldo pour accepter de m´héberger.
J'installe mes affaires, et après une bonne douche (et les brûlures qui s'atténuent enfin), nous commençons à parler de tout et de rien, tout en étudiant ma carte du Brésil.
Après avoir dîné avec Osvaldo, sa femme et Claudio, nous laissons ce dernier à la maison, et partons à trois à Boavista, pour une "réunion évangéliste"...
Ne sachant pas à quoi m'attendre, je découvre que la "réunion évangéliste" se tient sur la terrasse d'un restaurant, où est installée une longue table avec une quinzaine de personnes autour.
Après avoir été présenté aux personnes attablées (principalement des jeunes d'une vingtaine d'années) et avoir eu le droit à un chant de bienvenue, Osvaldo m'invite à m'asseoir.
Cette "réunion" consiste en fait en une petite prière dirigée par le pasteur, avant de discuter avec les convives tout en mangeant des pizzas et en buvant du Coca-Cola et du "Guarani Jesus" (boisson rosâtre au goût de bonbon, très prisée par les habitants du Para, si bien que la marque, numéro un des ventes dans la région, aurait été rachetée par Coca-Cola...).
La réunion terminée, nous rentrons à la maison, et je tombe comme une masse dans mon hamac.