Voyage en vélo en Amérique du Sud

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Buenaventura-Bahia Solano - Colombie

Mensonges et trahisons...(2)

Après une première nuit passée sur le bateau, sur des caisses de bière pour Jean-Marie, sur le pont pour Gaston et Vered, et un peu nulle part pour Guillaume, l'aube réserve un spectacle de première classe pour les quelques matinaux à bord.
  

Tandis que le soleil fait son apparition, c'est bien autre chose qui attire l'attention. 

À quelques dizaines de mètres du bateau, une baleine fait son numéro, laissant nos marins en totale admiration, sûrement le temps de prendre conscience à quel point l'Homme est ridiculement petit face à la nature, et combien de voir un tel spectacle donne envie de protéger un peu plus ce qui nous entoure...
 

La journée se passe sans encombre, le navire se délestant de sa cargaison, au fur et à mesure du trajet. (Le Siboney part chargé comme une mule de Buenaventura, et s'arrête au large des villages, les habitants rejoignant le bateau en canot, pour se réapprovisionner en nourriture, boisson et divers produits)

    

 


Suite à une journée en mer, le voyage touche à sa fin. 

En attendant la marée haute pour entrer dans Nuqui, tout le monde arrose l'arrivée à destination avec une bonne bouteille de Rhum.

 

Une dernière nuit à bord du Siboney, avant la grande découverte de Nuqui.

Une bonne nuit de sommeil plus loin, et alors que le bateau a accosté dans la nuit, Nuqui se montre enfin, après avoir laissé entre-apercevoir ses lumières la veille.

Et là, c'est le drame... Alors qu'ils s'attendaient à trouver un petit village de charme, nos voyageurs tombent sur un village, soit, mais niveau charme, il manque clairement quelque chose.

Nuqui est en réalité un petit patelin, qui n'a rien de sympathique. Pour résumer, c'est un village-poubelle...

Histoire de ne pas rester sur des a priori, les quatre voyageurs partent à la découverte du village, et reviennent sûrs d'une chose, ils ne passeront pas la nuit ici!
     

Le temps de trouver un bateau, et ils partent pour Termales, ou ils pensent trouver ce qu'ils cherchent.

Sitôt dit sitôt fait, ou presque, et environ trois heures plus tard, un gringo illuminé, vivant sur une île près de Termales les emmène sur place.

Termales, c'est un petit village, sans comparaison possible avec Nuqui.

Juste quelques dizaines d'habitants, des maisons au bord du Pacifique, la forêt autour, une source d'eau chaude, et c'est à peu près tout.

Seul problème, et de taille, les gens se croient à Venise, et les prix pratiqués sont très exagérés. 

Si bien que nos deux français et nos deux hollandais décident de partir le lendemain matin, un propriétaire de bateau ayant proposé ses services pour les ramener à Nuqui et leur ayant garanti le départ pour Bahie d'un "bateau-transport-public" ce jour là.

Nouvelle désillusion, de retour au village-poubelle, ils se rendent rapidement compte que le fameux bateau public ne part pas ce jour là.

Le propriétaire du bateau les ayant amené jusqu'à Nuqui jure ses grands dieux qu'ils ont tout compris de travers, la vérité étant qu'il voulait juste emmener toute sa famille ce jour là à Nuqui, et sans payer l'essence.

Quoi de mieux que se faire tout payer par des passagers?

De nouveau à Nuqui, il faut trouver un bateau pour partir vers le nord, vers Bahie.

Après de longues négociations, un propriétaire accepte d'aller jusqu'à Bahie, long trajet de plusieurs heures, avec paraît-il une pause à Playa Blanca.

Jean Marie à la lumineuse idée de récupérer des sacs en plastique avant de partir, les affaires seront ainsi à l'abri des intempéries.

Le voyage en bateau s'avère plus pénible que prévu, avec d'intenses averses et un océan de moins en moins pacifique.

Arrivés à Playa Blanca, sur une île non loin de la côte, le soleil refait son apparition, l'occasion d'en profiter durant l'heure d'attente annoncée.

Mais nouveau coup de théâtre, après environ 10 minutes passées sur la plage, et alors que Gaston se baigne dans l'océan et que les trois autres explorent les grottes des environs, le colombien remet le bateau à l'eau, et semble vouloir repartir, sans les quatre passagers...

Heureusement, il n'en a pas le temps, et tandis que tout le monde regagne le bateau, le colombien se confond en explications que même un enfant de 5 ans n'oserait avancer pour expliquer son attitude... ("il fallait écoper l'eau du bateau" ou encore "il fallait juste attendre 10 minutes pour que la marée soit suffisamment haute pour rejoindre Bahie").

Nos quatre aventuriers finissent par rejoindre Bahie, malgré ces imprévus.

Si Bahie est infiniment plus attractif que Nuqui, il n'en reste pas moins que ce n'est pas le coin de paradis tant souhaité.

Il s'agit également du premier endroit ou l'on peut accéder par voie terrestre depuis un autre village (Bahia Solano) depuis le départ de Buenaventura. (Les villages de la côte sont uniquement accessibles par voie maritime ou aérienne pour quelques-uns)

Le jour du départ de Bahie pour Bahia Solano, le réveil est un peu différent de l'habituel bip-bip matinal.

Comme pour un dernier au revoir, la fanfare du village passe dans les rues... À quatre heures du matin...

À une heure un peu plus catholique, le taxi mène nos deux français à Bahia Solano.

À peine arrivés, ils s'en vont acheter un billet d'avion pour revenir à la "civilisation".

Plus qu'une journée d'attente sur la côte avant de rejoindre Medellin, par les airs.

Le folklore sera de la partie jusqu'au bout sur cette côte Pacifique.

Les deux français (qui ont laissé Gaston et Vered à Bahie), se retrouvent à l'aérodrome de campagne de Bahia Solano.

À peine le temps de charger les bagages et de faire monter les passagers que l'avion redécolle déjà, après moins de 10 minutes d'arrêt.
     

Trente minutes de vol, et rebelotte. 

L'avion reste 8 minutes au sol, à Quibdo, pour de nouveau charger des bagages et faire monter de nouveaux passagers, avant de repartir, et arriver enfin à Medellin!

L'aventure "à la Corto Maltese" n'aura pas tenu toutes ses promesses. Mais il restera au moins un sentiment, celui d'être allé voir de plus près cette côte Pacifique, et avoir vu des lieux, qui, sans la négligence de leurs habitants pourraient effectivement être des paradis terrestres.
À moins que l'influent trafic de drogue de la région du Choco ait un intérêt à ce que cette région garde ses mystères...


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M
Raconte une histoire! quel talent tu sais nous mettre l'eau à la bouche! et nous tenir en haleine , les photos sont superbes et le bruit du moteur du bateau nous donne un peu l'impression d'y être! la carte va encore s'enrichir de petites épingles!
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J
Superbes photos ! Notamment celle du coucher (ou est-ce un lever ?) de soleil !
Répondre
G
<br /> Merci Jib!<br /> Il s'agit bien d'un lever de soleil, (photo prise à 6h11 exactement!) sur le Pacifique. <br /> <br /> <br />