L'histoire du meunier et des deux pâtissiers (1)
C'est l'histoire de deux frangins qui veulent voir plein de gâteaux dans les étoiles du ciel, et qui pour ce faire, décident d'acheter une petite poudre blanche, parce que sans farine, le résultat est moins bon.
Le hasard faisant parfois bien les choses, ils se retrouvent au paradis du pâtissier, dans un pays ou cette fameuse farine se trouve presque aussi aisément que du café.
La seule ombre au tableau, c'est que le meunier du coin, non pas qu'il dorme beaucoup, mais il ne parle pas tout à fait la même langue que nos deux frangins. La différence n'est pas si frappante, il a seulement la mauvaise habitude de remplacer la fin des mots, en y mettant des "e" voire des "o", un peu comme nos voisins ibériques...
Les deux frères se demandent alors comment ils vont bien pouvoir négocier leur fameuse farine, qui s'achète ici plus dans la rue qu'au marché, sachant que la discussion avec le meunier est compliquée.
Mais comme la chance est avec eux, ils rencontrent dans leur auberge de fortune, un type, qui, à défaut de goûter ce genre de cuisine, a un avantage non négligeable: il peut comprendre le meunier, et mettre, tout comme son interlocuteur, des "e" et des "o" à la fin des mots.
Nos trois compagnons partent donc dans la cité, à la recherche du fameux meunier, qui possède la fameuse poudre blanche, pour le fameux gâteau.
Après avoir un peu marché, ils rencontrent enfin le meunier.
Quelques minutes de négociations plus tard, les quatre personnages ont convenu d'un prix, d'une quantité, et d'un rendez-vous pour la remise de la farine tant espérée.
Seulement voilà, l'interprète, rencontré précédemment à l'auberge, ne sent pas trop bien la chose, et imagine déjà le coup fourré.
Tout le monde se retrouve finalement à l'heure du rendez-vous.
Petit problème, le meunier n'a semble-t-il pas apporté la bonne quantité de farine à nos deux cuisiniers.
L'interprète, bien que maintenant habitué à voir des chefs pâtissiers, depuis son passage au Pérou, n'y connaît rien du tout aux quantités, et pour lui, un ou deux grammes de farine, c'est kif-kif bourricot.
Par contre, nos deux pâtissiers du moment, eux, ne souhaitent pas se laisser berner par le meunier, et en réclament donc plus.
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, certes, mais dans ce genre d'affaires, la patience doit parfois montrer ses limites, et il faut parfois se contenter de peu...